J’ai enfin ce que je veux, je crois

Une petite bande dessinée, intitulée simplement « charge contraceptive », m’a sauté aux yeux cet après-midi alors que je prenais vite des nouvelles des internet dans la pause d’une conférence. En moins de 10 planches, cette b.d. minimaliste est venue nommer ce que je savais déjà : gérer la contraception est épuisant.

C’est un sujet central dans ma vie. Comme femme, comme blonde, comme personne avec un corps et des envies sexuelles et des envies de carrément me sentir bien dans ma peau et dans mes entrailles, tser.

J’ai mes règles depuis déjà 10 ans, ça passe vite et lorsque je regarde mon parcours contraceptif, ce ne sont pas des mots comme « autonomie, liberté ou sexe » qui me viennent en tête ; non non, je pense « douleur, inquiétude, oubli, tristesse. »

Douleur émotionnelle de se faire refuser des traitements par le médecin qui sait mieux que toi ce qui va te faire.

Inquiétude de vouloir vivre une vie sexuelle épanouissante pour toi aussi, pas juste pour l’autre et que cela demande de ne pas subir d’effets secondaires qui nuisent à cette part de toi que tu tentes de connaître et d’en jouir depuis 10 ans.

Oublier de la prendre, cette fichue pilule. De te rattraper le lendemain, la peur au ventre, te rappelant les menaces du pharmacien « elles sont moins fortes aujourd’hui, si tu ne la prends pas à la même heure les conséquences pourraient être grââââve. »

Je me souviens de mon mal de cœur en avalant cette double ration de pilule, me promettant de ne plus jamais, jamais, jamais l’oublier. Pour complètement cesser de la prendre la semaine suivante, l’esprit ailleurs, occupée à penser à moi, à l’école, à la grève qui avait lieu alors, à la 2e grève que j’avais à ma job, à mes soucis qui prenaient plus de place

Et j’ai oublié.

1..2…3…4 jours. Paniquée, je revoyais ce pharmacien qui me disait qu’en cas d’oubli, je pouvais doubler la dose et faire attention le reste du mois.

Alors j’ai quadruplé ma dose avec du jus d’orange, me sentant plus sale que si j’avais mangé de la terre, m’en voulant mer et monde de si peu respecter mon droit à avoir du sexe en paix, le ventre en feu et la peur de devoir « me calmer » le reste du mois.

Ce jour-là, je me suis évanouie. Le gars qui m’a ramassé au sol de la classe m’a dit que j’étais grise, m’a nourrie du yogourt et chaque geste attentionné que j’ai reçu ce jour-là m’ont fait l’effet d’une caresse rêche, moi qui me culpabilisait, à 19 ans, de ne pas mieux me contrôler.

Tristesse lors de mes tentatives ratées d’avoir un autre moyen de contraception qui m’allait. Mon évanouissement ayant officialisé mon désir de divorcer de la pilule, j’avais tout arrêté. J’avais repris de l’énergie, repris un gout de moi ; je recommençais à faire de l’acné et j’accueillais ce changement qui venait avec plusieurs autres détails qui me montraient à quel point la pilule m’avait modifié, une gorgée à la fois.

Mais il faut trouver autre chose.

Incapable de me comprendre, démotivée à trouver une nouvelle alternative, je m’ouvre à mon médecin.

J’endure la patch trop longtemps.

Ça colle, c’est laid, c’est chiant.

Et je l’oubli.

Tu croirais pas…. Qui oublie de changer 1X semaine un gros carré de plastique beige sur ta fesse qui a laissé une trainée grise, comme un escargot, à mesure qu’il glissait à chacun de tes mouvements ? Moi faut croire.

Stress

Stress

Ça aide pas le sexe

Ça aide pas la fille

Et ça dure trois mois.

Donc j’ai eu le flash !

LE STÉRILET ! Petit, durable, INVISIBLE !

J’ai fait mon universitaire. J’ai cherché, j’ai lu, j’ai comparé, j’ai trouvé des textes scientifiques.

Le nirvana de ma vie, le saint graal de mon corps, mais surtout, j’allais ENFIN me déprendre de ces hormones simulées à la con grâce au stérilet en cuivre !!!!

Durant cette même période, un bon dieu c’est dit que je ne pouvais pas rester aussi bien dans mon cœur de femme : mon univers change : vestibulodynie.

T’as pas besoin de chercher.

En gros : t’as mal, longtemps, c’est plate, c’est énervant et pas que sexuellement. Genre t’as des fois pas le gout d’aller pisser. Et de marcher. Et de t’asseoir. Pas tout le temps et tu le sais juste quand il est trop tard. Oups, fallait pas te lever aujourd’hui. Too late.

Ah et tu paies une physio. Six fois. Et j’étais sa cliente qui a guérie vite !

Yep. La joie.

Bref je me pointe super motivée chez mon médecin, l’espoir plein le cœur et annonce fermement mon désir :

DONNEZ-MOI MON STÉRILET SANS HORMONES

Je n’ai pas le temps d’expliquer mon passé, de décrire mes malaises, mes insatisfactions.

Pas le temps de montrer mes recherches, mes raisons de ne plus vouloir d’hormones, du moins de ne vouloir que les miennes, de les retrouver enfin.

Pas le temps de respirer, de sortir mes papiers. Ils dorment dans mon sac, fraichement imprimés.

Tu dois prendre le stérilet hormonal.

Et je me débats, mais la vague est si forte, si intimidante dans sa parure de docteur d’expérience.

Alors je flanche et mon corps se ferme.

Un an et demi sans menstruation. Le rêve, quoi.

Un rêve de six mois, en effet. Le temps de m’habituer à ce corps muet. Muet de ses paroles naturelles, muet de ses demandes. Un rêve qui me transforme en zombie.

J’ai parfois des crampes, parfois des douleurs étranges, parfois des nausées et jamais, jamais, jamais, l’envie de l’autre. Un effet secondaire écrit noir sur blanc : perte complète de libido. Alors je gère une autre année et me tanne.

Retour chez le médecin.

J’ai encore les mêmes papiers, les mêmes sources, les mêmes preuves. Quand il me dit que l’hormonal c’est mieux, je lui dis qu’il refusait le 1er stérilet, vu que je n’avais jamais accouché. Maintenant, je veux changer, car je veux retrouver ma sexualité. Ça le prend de cours. Ça le faire bien rire, de me voir si crue.

« Ça ne vous énerverait pas, vous, que votre conjoint ou conjointe, du jour au lendemain, ne vous touche plus ? » Il a dû voir que je ne niaisais plus. Une semaine plus tard, j’ai mal, mal, mal, pour la deuxième fois en deux ans, à un endroit qui ne m’avait jamais fait mal avant.

J’ai enfin ce que je veux.

J’ai ce même contraceptif depuis et tout n’est pas rose, mais tout va bien mieux.

Aucune hormone supplémentaire pour contrôler ma peau, mes crampes, mon humeur.

Je redeviens moi, à mon plus vrai et c’est pas toujours évidant.

Qui sais, dans un an, dans cinq, peut-être plus tôt, je vais me questionner de nouveau, mais je suis tellement tannée, donc en ce moment je fais avec ce calme un peu moins douloureux.

Parce que ça ne me tente plus :

De me faire juger chez le médecin ;

De poser mille questions au pharmacien avant de faire un changement contraceptif ;

De questionner ma capacité à juger de mes choix sur mon corps ;

De vivre différents effets secondaires, qui s’ajoutent aux effets d’être tout simplement dans cette « période du mois » ;

D’attendre dans une salle d’attente, espérant sortir mieux écoutée, mieux conseillée que la dernière fois.

Ce parcours est le mien. J’en connais des bien pire. Des femmes qui ont testé toutes les pilules, qui ont vomi, ont manqué faire une crise cardiaque, ont perdu gout d’elle-même.

J’ai adoré cette petite b.d. qui, bien simplement, nous rappelle encore une fois que la contraception, c’est encore et reste une affaire de femmes.

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***Un petit poème qui date de 2012 sur mon vieux-vieux blog du secondaire ❤

 

Trois petits points

Pour débuter
Ou pour arrêter

Achever les mots vides
Les phrases esseulées

Je cris dans mon coeur,
Je me repens en larme,
En dedans
Et sur tout le chemin

Dans ces moments là,
Je met,
Trois petits points

Des petites taches
Que j’aligne pour essuyer
Les mots non-prononcés

Comme trois petits soleils
Qui ont caramélisés
Et puis, qui ont brulés

Un
Deux
Trois soleils

On les aligne,
On les enchaîne
En remplacement

Y’en a un pour ce que l’on ressens
Un autre qui exprime nos contrariétés
Et celui qui fait mine
Qui fait « comme si »

Laisser passer
Laisser aller
Ne rien dire
Ou simplement
Ajouter tros petits points

Un silence
Une absence
De mots,
Mais pas de complication

Utiliser trois petits points
Moins fatiguant
Mais combien dérangeant
De ne jamais s’ouvrir
Et de laisser passer

Laisser couler
Et faire mine d’oublier

2017 enflammée

Je n’ai rien publié sur ce blog depuis plus d’un an.

Ouch

Quand j’ai vu la date de ma dernière publication, j’ai cligné des yeux à plusieurs reprises.

22 septembre 2015

J’ai cligné plusieurs fois, espérant voir le 5 devenir un 6 et pourtant, rien.

J’ai écris depuis ce post, j’en suis bien consciente, mais ça me manque de partager mes écris, mes réflexions ou mes tourbillons passagers.

Comme tout humain qui se doit, le début du mois de janvier c’est remplit de résolution que-je-vais-tenir-cette-fois-ci.

Ce matin, j’ai décidé que j’allais changer de tactique. Au lieu de me créer une liste longue comme une robe qui ne me fait plus mais que je garde au cas où, je me suis assise et j’ai ciblé ce qui me manque pour de vrai.

Sans surprise, l’écriture figure au top de ma liste.

Je ne sais pas encore vers quoi se tournera ce blog. Jusqu’à présent, il contient des textes sur divers sujets, souvent non-fictifs, parfois rédigés à la va vite et bien souvent garnis de mots qui s’étalent, comme si je voulais recouvrir le sol du plus de mots possible, sans  savoir vers où aller.

J’ai pas mal de lectures à faire, j’aimerais bien en parler ici. On verra.

Je suis de plus en plus consciente de mon empreinte écologique et je vire « zéro déchet » lentement, mais surement. J’imagine que ce sujet va se retrouver ici.

!!! EN ATTENDANT !!!

Je suis devenue – au fil des mois – plus qu’accro aux smoothies (j’en suis fooooolllleee) et je me suis dis que ça ne ferais de mal à personne de faire une genre de recap’ de mes jolis bols pleins de saveurs.

Y sont bon, rarement long à faire et je me régale À-CHAQUE-FOIS 😀

Roulements de tambours …

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C’est mon plus récent smoothie, fraichement dégusté avec amour ce matin

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Un classique qui marche à tout coup : petits fruits congelés, banane, yogourt grec et beurre d’amande, décoré de pamplemousse et d’un mélange de graines de chia ❤

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Pas mal la même chose que le précédant, mais avec BEAUCOUP de beurre d’arachide ❤

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GOLD !!!! Je l’ai tellement aimé cet été que je me souviens encore de la chaleur du soleil pendant que je déjeunais dans la cour de mes parents, confortablement assise, sans rien à faire sinon lire toute la journée ❤

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Kale + yogourt grec + poires + fruits congelés et lait d’amande ❤

Le joli mini tatou temporaire (https://tattly.com) reste intouché, j’attends d’être une végétarienne officielle 😛

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La couleur est horrible, mais ce smoothie au lait d’amande, à la laitue et aux fraises en valait la peine !!!!

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Framboises + lait d’amande + yogourt + banane ❤
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Bleuets + beurre d’amande + lait d’amande recouvert de menthe et de céréales de chia 😀
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banane congelée + petits fruits + beurre d’arachide + lait d’amande ❤
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LA boisson à faire l’été quand il fait si chaud qu’on n’en peut plus : melon d’eau + glace + fraises + menthe = MIAM ❤
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Un bon smoothie plus que consistant, avec de l’avoine, des bananes congelées, du yogourt grec, fruits congelés, beurre d’arachide, lait de soya et menthe. Décoré avec des morceaux de pêches et des raisins congelés

Aucune idée des ingrédients, mais ces 4 smoothies sont tout de même beaux et semblent si bon, je ne pouvais pas les ignorer :3

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Pamplemousse + avoine + banane + épinards + gingembre + graines de lin + lait d’amande, décoré de clémentines sucrées ❤
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Une de mes plus belle photo, avec du melon, des épinards + du lait de cajou + menthe + gingembre. Décoré de granola fait maison + graines de chia.
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Avocat + banane + lait de cajou + gingembre, décoré de graines de chia et de fruits.
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MANGUE !!!!! Et sans doute d’autres trucs, vu que le smoothie est vert 😛
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Un super smoothie aux fruits congelés, au yogourt, au miel, au citron et une compote de mangue chaude (miAAAm)

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VOILÀ.

En fouillant dans mes vieilles photos, j’ai trouvé une multitude de photos appétissantes de  salades, je risque de les ajouter bientôt. En espérant ne pas vous avoir donné trop faim :3

Pour plus de photos, vous avez comment me trouver :

https://www.instagram.com/supersirene/

Avoir le temps

Je revenais de mon cours du matin. 11h45, pas vraiment faim, pas vraiment motivée à étudier, pas vraiment en forme. Juste… j’me suis levée tôt et j’avais envie de perdre mon après-midi dans du niaisage. Sauf que si je ne suis pas efficace et productive, je vais m’en mordre les doigts le reste de la semaine.

Alors je me suis fait un lunch, j’ai ouvert Netflix, trainée deux heures dans mon lit. Avant de me convaincre de laisser mon iPad sur mon lit et d’aller prendre une marche, je me suis servie de nouveau un brownies tellement chocolaté que je capotais bin raide (menoum x 1000).

Il y a un moment j’ai entendue parler du film « Human The Movie». Il me semble que c’est ce film qui a encombré un bon moment les panneaux publicitaires du terminus, du métro, dans la rue même. Maintenant que je l’ai regardé, je peux vous dire que ça a bin plus de valeur qu’une pub de Tim ou de lunette dont la 2e paire est à 1$.

Donc je fouillais Facebook pour ne pas affronter ma procrastination évidente, j’ai cliqué sur la vidéo d’une vieille dame, la bouche pleine de brownies.

Francine Christophe. Ça ne sert à rien que j’explique. C’est son bout d’histoire, sa bouchée qu’elle nous donne et moi, je vous pointe le lien du doigt.

(https://www.youtube.com/watch?v=ftugbci9ohg)

Sauf que j’ai pleuré intense. Peut-être serez-vous moins marqués que moi par ce vidéo de 4 minutes mais je peux vous dire que mon brownies, je ne l’ai pas terminé. J’avais le ventre gonflé par mes cochonneries, la langue collante de guimauve (mes brownies torchent) et un peu mal au cœur d’avoir trop de sucre dans le sang. Alors j’ai remis mon deuxième dessert dans son petit sac et j’ai continué à pleurer.

Ça n’a pas de lien direct (mais un lien quand même alors attendez un petit peu) mais mon père m’a parlé vite-vite de son propre papa, que je n’ai jamais vraiment connu. Tard comme ça sur Facebook, parce que maintenant je suis plus loin de mon chez-moi alors on communique comme on peut. Il m’a dit avoir reçu de son père le cadeau de la gentillesse (parmi d’autres qualités). J’y ai rêvé la nuit suivante, voyant chaque adulte important dans ma vie m’entourer avec une lumière dans la main. Un peu comme les fées dans la belle au bois dormant, avec leurs sorts ou leurs cadeaux de naissance. Ou encore comme Harry Potter qui retrouve ses parents et ses êtres chers lorsqu’ils viennent le soutenir. Dans mon rêve, tous me souriaient calmement. Je me sentais comme dans une vague tiède.

Je me suis levée du bon pied. Avec une sorte de petite chaleur. Une petite tristesse aussi parce que dans mon rêve, il y avait des gens que je n’ai connu qu’un instant et pourtant, ils m’ont chacun, eux aussi, offert de petits cadeaux. Des présents difficiles à nommer mais existants quand même.

Je vais faire un vrai lien avec mon cours de ce matin. Je pense qu’il explique mes larmes sur mon chocolat. On parle beaucoup, en travail social, d’intégration sociale. Ça ne me tente pas de vous livrer ma maigre sagesse acquise en deux semaines de cours, vous pouvez vous fier aux mots «intégration» et «sociale» pour comprendre.

On a vu qu’une manière d’évaluer l’intégration d’une personne, c’est son statut de travail. Lorsqu’on demande ce qu’est un adulte accomplit, on va souvent mettre dans notre définition le fait qu’il possède un emploi (on va même ajouter qu’il est stable et blahblah.)

Mon enseignante a voulut nous brasser un peu et nous a mis devant cette mise en situation ou plutôt cet état de fait. J’ai modifié des trucs parce que je pense que c’était réellement sa journée d’aujourd’hui mais l’essentiel y est.

Horaire de la maman A :

En gros : prof d’université, travail au moins 50h/semaine, mère de deux enfants au secondaire.

Horaire sans doute fictif mais empreint de vérité : Elle se lève à 5h30 car elle a des choses à faire avant que ses enfants ne se lèvent. Elle a peur d’arriver en retard à son cours, ça s’est produit déjà deux fois, alors elle quitte à l’avance en se dépêchant de vérifier que tout est ok avec sa famille. Elle donne son cours de 8h30 à 11h30 et pense à sa sœur sur la table d’opération (opération mineure mais quand même.) Elle doit donc se dépêcher à 11h40 pour courir à son bureau et prendre des nouvelles de sa sœur, elle veut s’assurer que tout va bien. Elle ne doit pas oublier de donner un coup de téléphone à ses parents qui iront chercher sa fille à l’école car elle finit à 15h30 et sa fille à 15h40 donc impossible de se rendre à l’école en 10 minutes. Elle doit trouver entre temps un moyen de grignoter quelque chose, courir dans son 2e local pour un cours de 12h30 à 15h30. Le cours finit, elle doit répondre à des questions mais dès qu’elle termine elle se rue à son auto, parcoure le chemin jusqu’à chez ses parents (dans le trafic) pour prendre sa fille, pour ensuite aller à sa pratique de soccer. Pendant la pratique la maman prépare son cours de jeudi, se note des trucs à ne pas oublier de faire en rentrant et applaudit lorsqu’elle réalise que ça fille mène le ballon. Fin du match les deux rentrent à la maison, on vérifie les devoirs, on dit bonjour au conjoint, on échange les détails de la journée et maususse les deux voudraient s’assoir calmement au salon. Sauf que ses étudiants ont peur de mal choisir leurs articles pour le travail de mi-session alors elle a quelques lectures à faire pour pouvoir leur répondre avant le lendemain matin. Elle répond, se rend compte qu’elle n’a pas partit une brassée de lavage, va la faire, réalise que ses filles n’ont pas soupé, il est tard on grignote de quoi rapide, presque de la détente sauf que la «oups» elle ne peut pas aller dormir elle a oubliée de mettre le linge dans sécheuse. Elle doit encore finaliser ses cours enfin rejoindre le lit, pour se lever à 5h30 le lendemain matin.

Maman B :

Lorsque maman B a eu ses enfants, elle a vécu un parcours différent que ses amies. Lorsqu’elle a mis son bébé à la garderie, il lui a fallu 3 jours pour la sortir de là, ne voulant pas qu’une gardienne voit ses premiers pas. Depuis, elle est à la maison. Les enfants de maman A et B ont le même âge. Comme les enfants sont souvent occupés, le transport vers l’école est un moment privilégié pour discuter; maman B va les porter à chaque matin pour parler et jaser pour démarrer la journée. Des fois, elle les rejoints le midi pour les inviter à manger. Ses enfants ne sont jamais restés au service de garde (tser, les devoirs dans la cafétéria et le ballon poire sans lendemain ? l’fun une fois ou deux, on s’entend). Leur lunch est de la nourriture cuisiné, ils ont une oreille attentive et du temps de la part du parent. (je sais, je manque d’objectivité dans mon choix de mots.)

Intégration social = le test

Dans un party, les deux mamans se croisent. En discussion avec d’autres adultes, maman A évoque que sa carrière lui a permis cet été de donner des conférences dans deux pays. Elle capote, elle adore son métier et c’est super et tout et tout. Pour dynamiser la conversation, on demande à maman B : et toi, qu’as-tu fais cet été ? Elle a fait des piquenique avec ses deux ados, ils ont campé, cuisinés, fait des randonnées. Même du vélo tin et elle en parle avec plaisir.

Selon vous, sans le contexte, qui considère-t-on le mieux intégré socialement ? Qui, vous pensez ? Je ne cherche pas à faire une critique ou quoi que ce soit. Cet exercice en classe m’a fait réfléchir. Moi, ma mère je l’ai eu longtemps à la maison. C’est un des nombreux cadeaux qu’elle nous a donné, à mes sœurs et moi. Pour certains, c’est un sacrifice, un ralentissement de carrière, une pause. Une pause ? Donc, la vie s’arrête parce que tu ne ramènes pas un chèque le jeudi ? Tu ne sors pas de cette expérience avec de nouvelles connaissances, sur toi, sur ta conception de la vie ? Sur tes enfants ? C’est impossible d’en tirer quelque chose ? Ma mère nous parle de cette époque comme on évoque des souvenirs qui seront chéris à jamais. Elle nous a donné du temps. Beaucoup d’amour mais aussi du temps et on le sait, ça vaut cher aujourd’hui.

Alors je pense à mon père qui déborde effectivement de gentillesse. À cette énergie que portent certaines personnes et je ne sais pas, ça me fait capoter bin raide, si vous me le permettez. Je ne dis pas que les femmes doivent rester à la maison, ce n’est même pas proche de ce que je suis en train d’affirmer. C’est juste que ça m’a fait un choc. Pour tellement de raisons.

On reçoit parfois des cadeaux si minuscules, si innocents en apparence qu’on ne les accepte qu’inconsciemment. Ce temps que ma mère nous a donné, c’est selon moi une énergie de création. Courir, se sentir pressé, stresser sous l’horaire chargé, capoter et se frustrer, crier un bon coup et continuer à se dégédiner sinon on manque de temps, conflits d’horaire; depuis que mes deux parents travaillent à temps plein en dehors de la maison ça ressemble plus à ça. Sauf qu’on est pas mal plus vieilles. Y’en reste juste une au secondaire. Nous quatre avons eu la chance d’avoir grandi avec un parent à la maison à temps plein et un autre qui travaillait au sous-sol. Je crois profondément qu’ils nous ont ainsi offert tout un cadeau qui selon moi leur rapporte énormément aujourd’hui : une famille imparfaite qui s’aime, s’écoute et prends soin des autres. On n’est loin d’être parfait – qui voudrait l’être – mais je l’adore notre énergie électrique d’amour qui déborde. Il y a souvent de l’énergie de colère (hihihi) mais quand même, je crois qu’on s’en sort plus que juste bien.

Tous les cadeaux ont une valeur. Un simple carré de chocolat. Et pas besoin d’être celui qui l’a reçu pour en apprécier la valeur.

Je pense que c’est pour ça que j’ai autant pleuré.

Pour un simple morceau de chocolat.

(*Mes fautes d’orthographes, etc. sont inexcusables, alors je m’excuse déjà. Aimez-moi quand même.)

Souvenirs inventés d’une fillette

Il y a deux ans, j’ai participé à un « concours » pour une revue (qui n’existe plus, paix à son âme) de Saint-Lambert. Il n’y avait pas de thème mais à l’époque, j’avais manqué de courage pour tenter ma chance pour le concours de littérature de mon cégep. Le thême était alors « sur la route. » J’avais donc gardé l’idée de l’auto et j’ai pondu un micro texte. Je me retiens de le modifier car j’adore un petit peu trop écrire de longues phrases, ce qui ne semble pas être arrivé dans ce texte. Donc je publie quand même ce texte qui n’a eu aucune chance (il n’y a jamais eu de gagnant.)

Avertissement : toute ressemblance avec des personnes ou des lieux réels … est voulue. La seule chose inventée est… ce souvenir. Un souvenir créé de toute pièce car je me demandais à quoi pouvais bien ressembler un au revoir. Encore maintenant je l’aime bien, ce petit texte écrit à la hâte. Sur ce, lisez si le coeur vous en dit.

‘’Hey, réveille-toi et suis-moi. Et ne fais pas de bruit.’’

Je me lève sans savoir où on va et pourquoi je dois me lever. Je n’ai que le temps d’apercevoir par la fenêtre sa vielle auto grise. Elle grince et toussote lorsqu’on roule. Elle referme doucement la porte de la maison derrière moi et je réalise comme cette situation est incongrue. La nuit vient tout juste de quitter le ciel et la brume semble avoir donnée congé au soleil. Le contact froid et collant de l’air chargé d’eau me donne encore plus envie d’aller me recoucher, mais elle me demande d’embarquer dans la voiture « TOUT DE SUITE ! » Que peut-elle bien me vouloir ? Moi et mes sœurs n’aimons son auto que pour deux raisons. De une, n’ayant aucun coussins gonflables, on peux aller sur le siège à l’avant même si on est trop petite et de deux, on a le droit de ne pas s’attacher et sortir la tête par la fenêtre quand on roule vite, comme si on s’envolait librement dans le ciel. J’oublie mon mécontentement d’être debout de si bonne heure, le temps de réaliser que c’est MOI qu’elle a arrachée de son lit. Moi et moi seule. Réjouie, je m’installe à l’avant avec l’impression d’être spéciale.

J’attends que ma grand-mère démarre le moteur.

J’attends encore.

‘’Je ne reviendrai plus, c’est ça que je viens te dire. Ta mère ne sait même pas que je suis ici. Je voulais juste te voir une dernière fois. Passer du temps ensemble, si on veux.’’

Je ne comprends pas. On n’a jamais rien fait ensemble, rien que nous deux. Avec mes sœurs, oui, mais pour être honnête, je n’ai pas l’impression d’avoir tissé de liens avec elle. C’est une femme assez spéciale, de toute manière. Je lui demande quand même, piquée par la curiosité, pourquoi on ne se verra plus. La brume commence à partager son ciel avec quelques rayons timides.

‘’Dis-lui juste pas que je suis venue, o.k. ? Ça ne lui ferait peut-être pas plaisir.’’

Ah. Un début de réponse. Finalement ma mère et elle ne sont pas en aussi bons termes que je le croyais. C’est triste. J’veux dire, une maman, c’est essentiel dans la vie, en général. C’est l’idée qu’on nous vend en tout cas. Peut-être pas ce genre de maman-là, à bien y penser. J’essaie lamentablement d’engager la conversation.

‘’Et tu pars où ?’’

‘’Nulle part. C’est juste que je ne viendrai plus.’’

Oh …

Accrochées comme des griffes au volant, les mains de ma grand-mère me paraissent osseuses. Elle n’a jamais eu de jolis doigts de fille, ils sont toujours noueux et rugueux. En fait, rien chez elle n’est féminin. Toujours dans des projets de construction ou de démolition, couverte de poudre de plâtre, elle a des jambes maigres et deux gros genoux carrés. Elle n’a que des muscles sur les os, si je peux faire dévier la citation. Je la regarde longtemps, pour l’imprimer dans ma tête. On ne sait jamais, peut-être qu’elle va effectivement ne jamais revenir, peut-être qu’elle ne dit pas de conneries. Ça va faire bizarre de ne plus la voir. 

‘’Je vous ai toujours aimées, toi et tes sœurs.’’

Le dit-elle pour se convaincre elle-même ? Elle se tourne vers moi et son regard me glace. Mes sœurs et moi on sait depuis toujours qu’elle n’est pas une femme naturellement chaleureuse mais là, elle est glaciale, telle une reine de béton. Même son regard est creux. Droite et distante, elle me regarde à peine et semble regretter de m’avoir tiré hors du lit. Elle a dit ce qu’elle avait à dire, en fait. L’impact de ses mots sur moi est loin de l’intéresser. M’a-t-elle déjà vraiment vu t’elle que je suis ? Voit-elle nos points communs ? Si ça peux rassurer quelqu’un, elle ou moi,  j’ai hérité de ses cheveux. Ils sont épais et étrangement frisottés. Les siens virent d’un gris de vraie mamie. En ce moment, on a le même chignon mal arrangé. À cause de mon type de cheveux, il y a plein de coiffures que je n’aime pas me faire, parce qu’on dirait que j’ai des cheveux dégueux et fourchus et je préfère cacher cette partie de moi le mieux possible. Je les lisse souvent pour l’école. Mais bon, est-ce que ça la ferait sourire de savoir qu’on a des liens capillaires ? À voir sa face, pas vraiment. Surtout si c’est pour se faire dire que notre point en commun est mon plus gros complexe. Alors je me tais.

Aussi dure du corps que du cœur.

Je sens monter en moi une grande angoisse. Elle a fait partie de ma vie depuis ma naissance, je la connais depuis treize ans, elle n’a pas le droit de nous abandonner ! Malgré tout, malgré elle, je l’aime bien ma mamie. Je le lui dis en gardant mon regard rivé devant moi. J’ai le temps de reprendre ma respiration, de distinguer la porte de garage bleu-gris et même de bailler.

Silence.

Bon. J’aimerais l’entendre dire qu’elle m’aime aussi. Je voudrais lui crier quelle insensible elle a été si souvent, à quel point elle nous a fait peur dans ses réactions et pourquoi on se détends plus chez notre autre grand-mère. Une grand-mère devrait être une mamie, pas une maman qui gronde et qui juge. Mais j’ouvre finalement la portière, sors lentement et, sans écouter ma tristesse, rentre doucement à la maison. Elle ne m’a pas retenu et n’a pas attendu que je referme la porte d’entrée pour partir.

Voilà un geste qui ressemble bien plus à la grand-mère que je connais.

Complimenter en travaillant, la la la la la la la.

Je travaille depuis quelques semaines dans une pharmacie et dernièrement j’ai vécue une journée pas seulement agréable, mais qui m’a aussi beaucoup aidé. C’est une journée typique : Je dois me lever tôt pour aller travailler mais je dormais chez mon chum (alias mon fiancé !) alors je me lève encore plus tôt, je dois prendre plus d’autobus et en plus je marche (pauvre chouette.) Pas grognonne mais en mal de matin, je me sens comme un zombie qui ne réfléchit qu’en demi phrases et qui maugrée contre les emplois en général. Pourtant la vie est ainsi faite que trente minutes plus tard, j’accueillais mes gentils petits vieux (la majorité des clients de pharmacie ont plus de cinquante ans) avec un sourire fatigué mais sincère.

Ceux qui me connaissent au minimum savent que je joue avec mes cheveux, leur ajoutant diverses couleurs avec joie. Depuis mon nouvel emploi, j’avais surtout récolté des œillades en coin, des soupirs et des petites remarques « pourquoi tu fais subir tout ce chimique à tes beaux cheveux. » Rien de glorieux et jamais rien de bien méchant. Je m’extasie assez toute seule sur ma tête de cheveux indomptables, je n’ai plus vraiment besoin de l’avis extérieur. C’est surtout drôle en fait.

BREF !

Encore endormie et frustrée d’avoir oublié de me remplir ma gourde d’eau, je ne remarque pas une vielle dame qui s’arrête au comptoir pour un timbre. Ce que j’adore à la caisse, c’est que le matin c’est assez mort. Les seuls clients qui viennent avant l’ouverture du centre commercial ont tendance à beaucoup te parler. Ils savent que le rush est encore loin dans la journée. Alors j’entends parler des petits enfants, de la raison de l’achat d’un timbre, du décès d’un mari et patati et patata. Moi j’adore ça, c’est super dynamique et ça me change des &?@*#%@ qui me jettent leur carte de crédit au travers du comptoir sans répondre à mon bonjour. Donc j’apprends pour qui est destiné la lettre en question et pendant qu’elle paye, elle remarque ma bague de fiançailles (elle est très populaire chez les dames âgées).

– Oh ! Mais comme c’est charmant, quel jolie ornementation ! Elle a ensuite relevée la tête (elle comptait son change) et m’a sourit doucement, avec les yeux tout plissés et sa petite capuche en plastique sur la tête pour préserver sa permanente.  Elle m’a ensuite dit qu’elle aimait beaucoup l’équilibre de couleur dans mes cheveux et après quelques minutes de placotage sur son époux, elle est partie poster sa lettre.

Une fois ma cliente partie, je me sentais regonflée d’une énergie démente. J’avais envie d’écrire, de courir, de rire sur une terrasse avec mes amis, de prendre du soleil, de passer la journée à me promener. Je ne sais pas pourquoi ça m’a aidé à ce point, mais ses mots doux m’ont requinqués.

Ce qui m’amène à la deuxième partie de mon partage. En général, je complimente des gens que je sens réceptifs et même là, je m’en empêche souvent. Une sorte de gêne, comme si j’allais m’introduire dans leur bulle si je complimente leurs cheveux ou leurs sacs. Il faut dire que parfois mes compliments tombent dans le beurre alors ça dégonfle vite quelqu’un. Cette journée-là, toutefois, j’avais de l’énergie à dépenser et j’ai décidé de vous livrer les impressions que certaines interactions m’ont laissés. (La dernière madame date en fait du lendemain mais c’est un détail.)

1 = Être mal dans sa peau.

Une dame entre dans la pharmacie. Mi trentaine, cheveux cendrés au creux du dos. Elle est très ronde et porte de jolies sandales plates que je scrute jusqu’à ce qu’elle s’éloigne dans une allée. Plus tard, elle passe à ma caisse. Il fait super beau, le soleil tape sur le comptoir tellement la journée resplendit et moi je capote sur sa robe rouge. D’un tissu à l’allure très doux, sa robe est attachée sur sa taille et s’arrête à ses genoux. Le décolleté est assez plongeant mais elle porte une camisole et ses épaules sont à découverts. Première cliente depuis ma petite madame à timbre, je complimente la couleur de sa robe (j’ai toujours adoré le rouge). Réceptive, elle me sourit en payant. Je continue en ajoutant que j’aime aussi beaucoup la coupe de sa robe, qui fait vraiment été et qui me donne le gout de juste sortir dehors. Comme il n’y a personne en file, elle réagit en m’expliquant qu’elle ne la porte jamais d’habitude sauf comme robe d’intérieur. Robe d’intérieur ? On continue de discuter et elle m’explique que c’est une robe pour laquelle elle a eu un véritable coup de foudre quelques années plus tôt et la journée ensoleillée l’avait convaincu d’enfin la mettre pour travailler. En parlant, elle avait croisé ses bras et semblait un peu gênée, comme si j’allais lui dire de retourner se changer. En fait, j’ai rigolé un peu avec elle et je lui ai demandé si c’était une robe circulaire. Elle ne le savait pas mais elle m’a dit qu’elle portait un court legging en dessous parce qu’elle ne se sentait pas à l’aise avec une robe aussi courte (un rappel : elle arrive sous le genou). Je lui parle de ma robe circulaire en tissu super lourd rouge que ma mère m’a offert et que je porte les journées que je déprime un peu plus. Je trouve le rouge requinquant et elle acquiesce, disant qu’elle avait jusqu’à présent eût plusieurs compliments sur sa robe.

-Je ne veux pas vous enfler la tête, mais j’ai aussi remarqué vos sandales dès votre entrée dans le magasin.

On rigole encore plus et on finit en se disant que si on se fait complimenter sur un vêtement, c’est surtout parce qu’on le porte bien. Alors elle me souhaite une bonne journée et s’en va en souriant et en regardant ses sandales (j’aurais du lui demander leur provenance, zut de flute!)

2 = Les monsieurs aussi méritent les petites pensées

Un homme dans la quarantaine paye sa passe d’autobus. En général, je ne fais pas de commentaires pour les hommes. Il y en a qui prennent la perche pour devenir limite insultant ou juste un peu déplacé, tandis que d’autres ont l’air de t’en vouloir (ils doivent manger de la bouffe à chien le matin.) Mais bon, j’avais trop de bonne humeur, j’avais envie de troquer mon pantalon foncé et ma chemise qui ne respire pas pour UNE ROBE ROUGE et j’avais un long shift encore entre moi et le soleil (il en reste à 19h.) On discute poliment et je lui demande s’il compte profiter de ce splendide soleil. Il me dit vouloir bronzer un peu en jardinant mais que le travail l’appellera sans doute l’après-midi alors il ne compte que lire le journal dans sa cour. Je lui dis que c’est déjà beaucoup et on se met à parler de jardins et de fleurs. Je lui dis que la fleuriste en face a la réputation de vendre des fleurs qui vivent très longtemps et qui restent très belles. Il répond qu’il adore acheter des fleurs mais qu’il n’y a pas beaucoup d’occasion spéciales. Je blague en disant qu’on peu s’offrir des plaisirs à nous-mêmes n’importe quel jour. Comme je parle toujours trop, je lui décris comme ce serait beau de boire du café dans sa cour avec une belle fleur et blabalbla. Son sourire était tellement drôle, il me regardait comme si je n’avais pas rapport mais sans méchanceté, juste un peu surpris j’imagine que je traine autant à parler avec lui. Il m’a dit au revoir avec beaucoup de chaleur dans sa voix et m’a souhaité la plus belle journée.

Entre deux clients, je l’ai vu ressortir de chez la fleuriste, le nez planté au milieu d’un petit bouquet de fleurs (ou comment j’aide subtilement les commerces de la place Longueuil ! YEAH)

3 = Un autre jour, un autre univers.

Pour une fois, je ne me suis pas fié sur le langage corporel de la personne avant de lui parler. Je vais vous décrire la dame pour que vous compreniez que je ne pouvais pas me taire et la laisser filler sous mes yeux.

Assez âgée, elle était vraiment minuscule. Ses cheveux blancs étaient tout lustrés. Coupés droits sous les oreilles, les mèches autour de son visage avaient été brossées pour faire une grosse boucle sous le lobe d’oreille qui pointe vers le haut. Sa tunique en soie (?) était verte pomme avec des gouttes or et mauves dessinées dessus. Elle portait un pantalon capri blanc cassé qu’elle avait retroussé et elle portait de petites ballerines vernies noires. Elle avait aussi de petits gants blancs translucides ornés aux bords de dentelle beige. Je ne suis pas une adepte du maquillage intégral (fond de teint, blush, sourcils, traceur à lèvre, rouge à lèvre, etc etc.) mais franchement il y avait du temps d’investi dans celui de cette dame. Et même si je n’aime pas ça, le sien était tellement simple et accordé à son look que je fondais. Elle avait une petite bouche en cœur et ses joues flasques étaient rehaussés d’un blush pêche qui la faisait ressembler à une poupée de porcelaine. Les personnes âgées ont souvent la peau bien plus molle et étirée mais on dirait qu’elle est super douce. Le must : elle portait un chapeau en organza et en lin blanc et beige. Pas haut, il avait un rebord très large, comme on voit la reine d’Angleterre porter. Elle avait aussi des pinces d’oreilles en or (?) en forme de nœud et des bracelets de couleur argent. Peu bavarde et recroquevillée, elle payait en silence.

Moi, me taire ? NEVER ! Juste lorsqu’elle rangeait ses cartes et réajustait son minuscule sac à main (genre un portefeuille avec une courroie), je bafouille :

– Désolé de vous déranger mais je ne peux pas garder ça pour moi : j’adore votre look. Je veux dire, je vous regarde et je me sens au cinéma, vous êtes juste, waouh, c’est vraiment, vraiment beau. Vous semblez sortir d’un film ! (Je vous épargne mon incompétence à dire des phrases ordonnées.) Elle était tellement mignonne, super étonnée par mon commentaire et elle souriant mais sa peau plissait tellement que ses yeux disparaissaient et on s’aveuglait devant son sourire d’un blanc presque bleu. Elle avait le corps tourné vers la sortie mais elle essayait de me répondre.

-ouh. ououh ah.

Elle a continué à faire des petits bruits de « souris » pendant quelques secondes avant de me remercier et de me dire qu’elle n’avait plus vraiment le choix de passer une belle journée. Et elle c’est éloignée tranquillement après m’avoir remercié plusieurs fois. Je n’ose pas imaginer le temps qu’elle passe pour avec une allure pareille (et un soucis des détails en plus.)

Voilà, je n’ai pas vraiment de mots de conclusions parce que je ne sais pas trop quoi rajouter. Souriez, prenez plaisir à dire des compliments. Ne serais-ce que pour un des avantages : ça réveille ! En plus, vous tombez sur des gens super gentils et agréables.  C’est tout pour aujourd’hui 🙂

J’ai passé le niveau 149 de candy crush, ça a fait ma journée

Je me lève ce matin et je me sens … confortable serait le mot. Mon chum – oups, mon fiancé – est collé serré contre mon dos et je n’ai pas d’école aujourd’hui.

Demain, je vais avoir 21 ans.

Je songe à ce fait mineur en respirant la chaleur de mes draps, encore incapable de me décider à me lever.

Je me sens bien, mais comme tous les jours, une anxiété bourdonne dans le fond de ma cage thoracique. C’est mon petit animal de compagnie. Je trimballe cette énergie en moi depuis toujours ou presque. Parfois, je cesse de respirer tellement mon anxiété me tord la langue.

J’écris avec de l’électricité nerveuse qui parcourt mes doigts.

Je cligne des yeux comme si j’avais huit cafés dans le corps.

Je vais avoir 21 ans demain et je ne me sens pas bien.

Ça n’a rien à voir avec mon anniversaire, mais ça tombe comme ça.

Ah oui :

Mes notes du dernier semestre sont sorties.

Meilleure note = B-

Pire note ? D. (on passe avec une horreur pareille : surprise!)

D comme Dans mon cours de prédilection, qui me fait capoter : développement de l’enfant.

Quand les filles de mon bac ont criées sur FB que les notes étaient sorties, je me sentais sur le bord d’exploser, de crier à mon tour, de virer maboule. J’avais tellement peur, j’avais tellement étudié et je m’étais tellement sentie démoralisée durant la période d’examen : je frôlais l’hystérie.

Mon chum jouait, durant ce temps, au piano. Mon coeur faisait des ricochets douloureux en accord avec ses notes vigoureuses et ma tête me lançait. Un torticoli prenait place, plus un mal de tête et ma peur virait au vert tant elle était bleue.

Je voulais éteindre l’écran, quitter Facebook, me déconnecter du monde sans penser au relevé de notes tant redouté.

Stupidement, naïvement, j’avais envie, quand même, de regarder.

Regarder si vraiment j’avais, enfin, l’opportunité de montrer fièrement mes notes, après un an et demi d’effort à l’université.

Regarder si mes notes confirmeraient que je me trouvais à la bonne place.

Regarder que je valais quelque chose d’autre que la parleuse, la péteuse, la blonde de…

Et j’ai regardé et je n’écrirais pas de nouveau les résultats, vous les avez plus haut.

___

Je ne suis jamais « tombée » en amour, je n’ai jamais eu le « coup de foudre », ni ressentis le « feu » brûler en moi.

Mais croyez-moi, ces émotions m’ont rattrapées ce matin, dans un contexte différent. Je me sentais comme un vase de cristal qui s’échoue dans le sable, mais qui éclate quand même. Je ne sais même pas comment traduire ma solitude de ce matin, alors que je faisais cuire, ou tentait de cuire, les œufs de mon chum.

Je suis intéressée par l’univers qui m’entoure, j’ai une magnifique famille, un avenir avec un homme génial, des passions personnelles à ne plus savoir qu’en faire, une volonté d’aider et de comprendre. J’adore lire, prendre le temps d’écouter et placoter pour m’ouvrir et voir ce qui ne saute pas aux yeux. Je suis avide de changements, de découvertes, de dialogues.

Mais aujourd’hui ? Aujourd’hui je tends les mains dans un vide que je sens avoir ignoré trop de temps. Mes crises de paniques ne sont pas normales, mon insécurité ne devrait pas être cachée et contenue, ma peur de décevoir devrait se faire combattre.

Cette session d’automne, je voulais une moyenne de B. Pour monter un peu la barre. J’ai eu un A l’an dernier, mais dans un cours facile, alors cette fois, je voulais me prouver que je pouvais exceller dans un sujet qui me passionne.

Bullshit.

___

J’avais du ménage à faire, trois devoirs, une lecture et à organiser mon plan d’étude pour la session.

Un plan d’étude, really ? Je scrutais mon plan, après deux heures de paresse déprimante et… et quoi dont ?

Demain c’est ma fête et j’ai l’impression que le Dieu auquel je ne crois pas va me pointer du bout de son nez, trouvant que je n’avance pas.

Je suis fatiguée et je ne fais rien. Je suis tannée, fâchée, dégoutée, enragée envers toutes ses promesse de merdes que je me donne, ces mots d’encouragement auxquels je crois.

Demain j’irai mieux.

Aujourd’hui, je suis tombée de bien trop haut, je me suis fais foudroyé par la peur et encore maintenant, le feu de la honte me brûle les tempes.

La vie est belle, la preuve : j’ai passé le niveau 149 de candy crush, sur lequel je me bat à chaque jour dans le métro depuis deux semaines.

Sérieux, ça a presque fait ma journée.

Presque.

Atelier # 2

Texte court sur un sujet de colère

Un menu haut en couleur tant ton avenir ne me tiens pas à coeur. Je te tire et t’attache, te musèle et te cravache. Je ne joue pas les demoiselles, avec toi c’est pas la peine. J’arrache tes cheveux, écarte ton nez, perce ta lèvre. Le sang, qu’importe, j’en veux plus, tu m’insupportes. Attache ta tuque, je te tiens et je t’embroche. Tu crieras comme je l’entends, moi je suis sourde et j’en prends. Je t’étire et te déchire, me délecte de ta minette. Tu m’écoeure c’est secondaire, à c’t’heure c’est fillette qui brasse de l’air. Hurle au loup, cris comme une chèvre, je joue la diablesse et m’en délecte. Coup de marteau et même de scie, coup de point et coup de fusil. Pas sur la tempe je t’en prie, hop un autre coup et c’est parti. Je crache sur ton sang sallit et je marmonne que ce n’est pas finit. Arrache les ongles, vinaigrette, sauce piquante et épilation coquette. Cire brulante et poil tordu, alcool à friction et encore la massue. Le peu de peau qu’il te reste, crois-moi vieux mec je lui donne la traite. Coup de couteau et fusil, coup de dent et fil à pêche. Dexter me vient en tête et je rigole. Si tu savais la fête que je me donne.

Poésie

L’acrostiche : prendre mot et chaque lettre est début d’un vers

Petite chose au semblant fragile

Objet de tant de délectation

Épuisant tout le vocabulaire

Si majestueuse et si sincère

Importance culturelle

Elle est la fenêtre sur le mur de notre imaginaire

haïku

Dire ce qui est vrai, témoigner d’une expérience, contemplation des petites choses du quotidien.

Je vois tes cheveux

Brillant dans ce matin pluvieux

Dois-je me lever ?

Vite vers le métro

Perte de ma vitesse

Manque de cardio

Manger une poire

Pour faire passer la lenteur

Vite qu’on m’assomme

Poésie en prose

pas vers, syllabes, rimes

Court texte libre, rythme/musique, sujet + sensible/personnel

Prose avec CARESSE et ÉCLAIR

Un après-midi à saveur de cannelle et de pomme grillée, nous contemplons la journée qui s’achève. La fraicheur de la maison nous flatte et nous réveille lentement, nous ouvrant les yeux sur l’instant. Sa chevelure qui cascade dans son dos, son regard remplit d’intensité momentané et sa bouche gonflée lui confèrent des allures guerrières. Nous buvons le thé, réchauffant peu à peu nos doigts endoloris. J’inspire la buée mentholée, fermant les yeux un instant, suspendue dans ce moment exquis qui se traduit chez moi en bonheur tranquille. Sa main frôle ma joue en une caresse brève, brulante et délicieuse. Un éclair surprenant et accueillit avec joie. Je bats des paupières pour poser mon regard sur son visage aux traits si distincts. Sa caresse me réchauffe lentement le visage, pour migrer en même temps que sa main vers mon cou. Nous restons ainsi suspendu dans le temps, appréciant simplement l’énergie électrisante qui vole de sa main à ma peau, réveillant nos sens et rendant cette journée merveilleuse encore plus tendre.

Atelier d’écriture #1

Cette session, je me suis restreinte à un cours extra scolaire vu que je n’étais pas allée à l’université à temps plein depuis quelques mois. J’ai donc tout misé sur le cours « essais littéraires » qui ne comporte que 6 séances et je me suis fait un devoir de publier mes petits brouillons à mesure. Car même si j’écris peu de texte que je trouve époustoufflant, je veux vous montrer que j’essaye d’écrire quand même et voilà, moi-même j’espère me convaincre que le syndrome de la page blanche est momentané dans ma vie 😀 Alors je vous laisse sur deux maigres « textes » que je trouve tout de même pas si pire.

Pourquoi écris-tu ?

J’écris parce que toute ma vie, mon cerveau baigne d’aventures complètement déjantés, de drames héroïques, de romance fantasques, de pensées chaotiques et d’imaginaire en mutation. J’écris parce que sinon, je me sens emprisonnée, comme une masse de chaire perdue qui flotte tout en coulant, se débattant pour respirer mais dangereusement tranquille. J’écris parce que j’adore inventer, améliorer, finir, démarrer, composer, rigoler, ajouter des étincelles, oublier la grisaille, me battre contre l’ennui ou ajouter de la couleur. J’écris parce que ça me calme. Mon coeur palpite lorsque je transfert à l’ordinateur mes novelles idées et mon corps s’allège, transporté par la béatitude de l’écriture. J’écris parce que j’en ai besoin pour nourrir mes désirs d’aventure et de nouveauté. J’écris parce que sinon je vais crier ce qui me manque, ces inventions dans ma tête qui me font supporter mon teansport le matin et le soir en métro. J’écris pour rire, mémoriser, crier, acclamer ces petits riens et ces grandes choses qui constellent le ciel de ma vie. J’écris parce que sans l’écriture mon existence resterait en suspens, asphyxié par les mots retenus. J’écris parce que je veux écrire, encore et encore, de plus de manières, dans toutes les directions. J’écris parce que je veux m’approprier les mots, les saveurs, les couleurs, les instants. J’écris car ça fait partit de moi et je ne sais pas comment je ferais sans.

Utiliser le «N» le plus souvent

(Ici, je suis resté figée sur le mot «NON» sans m’en défaire)

Non.

Nous ne serons, ni lundi, ni dans un avenir lointain, enchainées ou bâillonnées. Le non nous appartiens et nous savons le lancer encore plus loin.

Le féminin n’est ni votre ennemi, ni une canne des longs matins.

Non vient se nicher contre nos coeurs endoloris.

NON.

Je dis non, tu cris non, nous mangeons non.

Non, nous ne serons plus nues devant l’humain endurci dans sa haine.

Nous devenons des gagnantes nécessaires, endurcies par nos championnats quotidiens. Nous, comme vous, continuons à brandir nos nouvelles armes contre l’injustice, l’incompréhension, la désinformation, la méchanceté, le dénis, le retranchement.

Non sonne révolution.

Arrêtons l’acceptation synonyme de laissé-passé.

Non à la discrimination, non à l’anti-humanisme.

* vous savez, laisser un petit commentaire , même si ce n’est qu’une personne, me ferais très plaisir. À croire les stats de mon blog, chacun de mes textes attirent tout de même quelques coups d’oeil et bon, même un beau bonhomme sourire m’amuserait (ou un commentaire constructif, n’ayez crainte, vous ne seriez pas le/la premier(e) à ne pas capoter sur mon style) 😀 alors je vous dis bonsoir et pleins de câlins (>*.*)> ❤

J’ai changée, une livre à la fois

Plusieurs choses ont changé entre aujourd’hui et il y a trois ans et demi, lorsque mes amis et moi sommes (enfin) sorti du secondaire. Chacun avance soit à tâtons, soit avec franchise dans cet avenir que j’avoue redouter. Depuis, je me suis épanouie en amour, j’ai rencontré du nouveau monde, prête à changer à leurs côtés. Je me suis teint trois fois les cheveux et je suis heureuse d’avoir ressemblé à un arc-en-ciel en pagaille pendant plusieurs semaines. Je me suis quasi rasée la tête, effleuré l’idée d’un tatoo, cogité un possible séjour à l’étranger et pris plus de vingt livres. Voilà, vous êtes avertis, je parle ici de roudoudou et de mon choc de cette semaine. WOW ! Vingt livres en trois ans et demi, c’est intense ! (attendez, vous verrez, ce n’est pas dramatique.) Je ne suis pas grosse, je suis même loin de l’être même mais après le secondaire, je me suis mise à développer mon corps d’adulte, comme je l’ai si souvent entendu dire. On prend des formes, on cesse de ressembler à une fillette de quatorze ans et voilà.

Chaque deux semaines, on soupe en famille chez ma grand-mère et elle a un pèse personne (arme à double tranchant bannie de notre maison à majorité féminine.) Donc oui, deux fois par mois je me pèse par «principe.» Et mon cerveau étant en parfait état de marche, je suis au courant de l’évolution de mon poids et souvent ça me frustrait. À chaque fois je montais sur la balance en sachant qu’une livre ou deux se seraient ajoutées au chiffre précédant. Donc au fil des mois j’attendais le moment fatidique du 140 lbs en oubliant une chose essentielle.

De un, à me regarder dans le miroir, je ne voyais absolument AUCUNE DIFFÉRENCE ! Oui, mes robes faites pour tout mouler devenaient plus difficiles à enfiler. Mais bon, je ne les porte jamais alors on s’en fou, non ?

Non.

J’ai continué à prendre du poids et cette semaine, j’ai constaté que je pesais plus que mon chum (et oui Guillaume, LE secret est dévoilé). Je vais expliquer un peu comment je me sens dans tout ça. Je ne savais pas quoi écrire aujourd’hui et je pense que ça va me faire du bien.

1- Si j’étais du genre à me sentir bien selon le poids des autres, ce qui n’est pas vrai ou du moins je n’en suis pas consciente, alors : oui, je suis plus «grasse» que plusieurs filles de mon entourage MAIS aussi plus «fine» que bien d’autres. Si je me met à me comparer au poids des femmes que je côtoies, c’est MA responsabilité d’avoir isolé que celles qui font moins de 150lbs pour me sentir coupable. Et franchement, pour avoir perdu tant de temps dans le métro, je vous assure que chez les femmes maigres, minces, grasses et très grasses, il y en a des ordinaires, des ultra rockeuses dans leur look, des séductrices, des mal dans leur peau et des beautés fatales. Alors comment on se compare d’abord si on ne peu pas juste se fier au poids?

2- Les chiffres me dérangent. THAT’S IT ! J’avais la manie énervante de me traiter de grosse ou de me dire laide devant mon chum : MAUVAISE IDÉE ! À quoi ça va servir ??? À récolter des commentaires flatteurs et des «mais non voyons, t’es parfaite» ? Si c’est ça, alors t’es pas avec le bon gars parce que ça veut dire qu’il ne te complimente jamais sinon. (moi je le fais par habitude et je tente d’y remédier, je vous le promets.) Lui dire que t’u te sens laide, mal fagotée ou que rien ne te fais, ça passe de temps en temps mais pas toutes les semaines c’est ridicule !

3- D’accord, je comprend que si j’ai pris du poids, cela veut aussi et surtout dire que j’ai du gras en plus quelque part. OUI dans le bedon mais ce n’est pas pour rien si mes vêtements m’avantagent plus, si je me lève plus souvent avec la sensation de pouvoir faire tourner des têtes ou d’avoir de plus en plus l’impression d’être réellement une femme. J’ai pris du poids et il c’est répartis ailleurs mais je suis loin d’être obèse morbide. Oui, je devrais faire plus d’exercice mais je mange bien et je me sens bien. N’est-ce pas le but ultime ?

4- Les seules fois que je me sens réellement grosse sont lorsque j’ai trop mangé (duh.) Comme maintenant. Un filet de saumon, deux pommes, un dessert maison et deux grands verres d’eau et me voici ici à écrire alors que je goûte encore le gras du saumon et que mon ventre me cris de l’oublier pour le souper. Je ne me sens pas laide, je ne suis pas en désespoir de trouver un vêtement qui me va : je ne me sens pas bien que si j’ai bouffé comme un porc.

Donc… je ne vois aucun changement et je n’en ressens pas non plus ???

5- Plus de formes = plus d’assurance et je recueille ce que je sème. Pas besoin de prendre ou de perdre du poids pour ça, vous n’avez besoin que d’une heure de transport en métro pour voir comment les gens réagissent. Que vous soyez en jegging, en camisole lousse ou en look structuré qui vous a raccourcie la nuit d’une heure. Je vous le jure. Avant j’avais tendance à rester dans ma bulle et dernièrement j’ose scruter la foule, marcher le dos droit ou juste regarder du coin de l’oeil le beau gars qui me regarde avec attention. J’ai remarqué une différence et je n’en reviens pas de me sentir aussi à l’aise avec mon corps ou simplement avec mes sentiments.

6- Oublions la dudette du secondaire que j’étais. J’avais peur du regard des autres (un autre truc qui me reste à améliorer), je stressais pour un rien sur mon couple tout nouveau, je me sentais maladroite devant les gars que je trouvais ne serais-ce qu’un peu beau et j’ignorais ce que ça faisait de se sentir belle par le simple regard de CE gars-là. J’étais bien, oui, mais ça ne veut pas dire que je dois en faire un idéal. J’ai changé, physiquement et mentalement.

Je veux dire, oui les chiffres parlent mais tout ne se résume pas en chiffres. Certaines vont me lire et vont me trouver ridicule, surtout que je sais que je suis «mince» pour bien des gens. Mais cette réalisation a été un grand pas pour moi et pour ma compréhension de mon corps. On voit tellement de filles photoshoppées à la plastique lisse mais musclée, le regard charbonneux, la chevelure brillante et les jambes étirées que je me laisse allé à y croire, à cette beauté impossible. Même si dans la vraie vie je trouve tellement plus beau et attirant une fille en chair, qui a de la poigne et qui semble manger trois fois par jour, j’ai trop longtemps associé un corps parfait à un look de sirène. Même ces femmes sur les magazines n’auront jamais la «perfection» de ce qu’elles représentent, grâce à photoshop. Nous sommes tous des poissons qui rêvons l’inexistant : la sirène au lieu de croire en notre propre beauté qui elle est réelle. Il suffit d’y croire et c’est fou comme ça fait du bien.